Visite du poste de commande du Métro de Toulouse

Publié le par Oui-mais

Pendant les journées du patrimoine il était possible de visiter le poste de commande du métro automatique de Toulouse (Tisséo). Il fallait s’inscrire quelques jours en avance et une des personnes à qui j’ai dit vouloir visiter les coulisses du métro a même dit : “Ah bon, le métro c’est maintenant du patrimoine ?” Mais comme le fonctionnement du métro automatique m’intriguait depuis toujours, j’ai profité de l’occasion unique.
Il faut savoir que le métro de Toulouse roule sans conducteurs. Il n’y a même pas d’emplacement prévu pour la conduite. Si l’on s’assoit tout à l’avant de la rame on peut s’imaginer la conduire. Un jour, suite à un incident, la rame a changé de direction (je n’avais pas fait attention à l’annonce) et automatiquement l’annonce de la station suivante avait changé elle aussi! Bien sûr le retour ne s’est pas fait n’importe où, mais à un endroit pourvu pour cela, là où il y a un aiguillage.
Voici les informations que j’ai retenues : Dans le poste de commande travaillent au moins huit “conducteurs”, chacun a son écran d’ordinateur, sur le mur devant eux, il y a d’autres écrans, à droite et à gauche des images aléatoires des caméras de surveillance dans les stations, au milieu la représentation graphique des deux lignes et leurs arrêts, les métros qui circulent sont des rectangles jaunes qui se déplacent, à l’arrêt ils changent de couleurs pour devenir vert. Chaque rame se gère toute seule - une sorte de robot - elle sait où elle se trouve sur la ligne. La ligne est découpé en “compartiments” dans chacun une seule rame peut circuler. Arrivée à la limite d’un compartiment elle interroge le suivant, s’il y a encore une rame, elle freine et s’arrête. 
Si l’arrêt fait suite à un incident, technique ou autre, ailleurs sur la ligne, ce sont les agents au poste de commande central qui passent l’annonce dans les rames. Sauf urgence réelle il ne faut pas ouvrir les portes dans une telle situation. Ouvrir les portes bloquent tout, malheureusement pas juste le temps de les refermer. En effet, personne ne sait combien de passagers se trouve exactement à bord d’un métro, donc si quelqu’un ouvre les portes entre deux stations, il faut que le personnel de Tisséo vienne sur place (en voiture, en heure de pointe cela peut prendre un peu de temps) et vérifie tout le tronçon pour s’assurer qu’il n’y a personne sur les rails.
Si une rame tombe en panne, une autre est envoyée pour la pousser jusqu’au dépôt. Si cela est impossible, il est possible de la conduire manuellement - et les feux de signalisation dans les stations existe pour ces cas de figure.
Il n’y a qu’un atelier pour les 44 rames des deux lignes A et B. Quelque part entre Jean Jaurès et Capitole existe un tunnel qui relie les deux lignes. Mais les anciennes rames grises sont un peu moins large que les nouvelles et ne peuvent pas circuler sur la nouvelle ligne B.
Quelques autres informations :
Une rame est révisé tous les 15.000 km.
Le nettoyage se fait la nuit quand le métro ne circule pas - si vous utilisez une rame très sale, vous pouvez le signaler pour qu’elle soit sortie du circuit. C’est aussi pendant l’arrêt du transport de voyageurs que les lignes sont entretenues et vérifiées.
Il y a parfois des gens qui pense qu’on pourrait ajouter un troisième wagon aux rames pour transporter plus de personnes à la fois. Mais non seulement certaines stations ne sont pas assez longues, en plus il faudrait allonger l’intervalle minimal entre deux véhicules, ce qui risque d’annuler l’avantage, et il faudrait revoir tout au niveau technique, ce qui a un coût élevé, c’est pourquoi les responsables attendent d’abord pour voir les modifications qu’apportera le tramway dans le comportement des voyageurs.
La ligne A passe sur quelques ponts. En hiver il faut chauffer les rails à ces endroits dès que la température passe en-dessous de + 4° C, car la glace est un isolant et s’il n’y a plus de contact pour que le courant électrique passe, tout s’arrête.

Sur Wikipédia il y a des articles sur le métro de Toulouse.
Dans chacune des 37 stations de métro se trouve une œuvre d’art. Tisséo les présente sur sa page. Il existe aussi un petit livret à l’office de tourisme - il faut le réclamer, il n’est pas en exposition. Parfois l’office de tourisme propose des visites guidées de quelques stations, pour mieux comprendre les œuvres et les intentions des artistes.

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