Une “formation” proposée par pôle emploi - vraiment organisée par des pros?

Publié le par Oui-mais

Une personne de mon entourage a eu deux entretiens avec l’ex-anpe. Un entretien individuel où l’on proposait la participation à une “formation à la recherche d’un stage” (bien sûr ce n’est pas le titre officiel). La personne a dit qu’elle pourrait toujours aller à la réunion d’information. On lui a fait signer un papier et plus tard l’agent prétendait que avec la signature la participation à la formation avait été acceptée. (Je ne sais pas si c’est vrai, parce que je n’ai pas vu le document.) Quelques jours plus tard, il y avait une information collective concernant la formation. Celle-ci s’adresse à des personnes reconnues travailleurs handicapés. On dirait que la réunion était un peu folklorique. Une des personnes convoquées et désignée comme participante disait: “Je m’en fout, mais je vous signale que je quitte la formation dès que je partirai à la retraite, soit dans vingt jours.” Une autre personne était d’accord à condition de trouver un chauffeur, elle n’a pas de permis de conduire. (Nous sommes dans une petite ville à la campagne sans transport en commun.) A la réunion, ils étaient vingt personnes. La formation devait commencer une semaine plus tard, le lieu n’était pas encore connu.
On peut se demander comment cela se fait que Pôle Emploi organise une formation sans dates précises et sans avoir prévu une salle.
Finalement la formatrice a appelé chaque stagiaire par téléphone deux jours avant le début de la “formation” pour leurs communiquer le lieu. Sur place ils ont aussi appris le lieu du lendemain - pas le même. Après ces deux jours il y avait la coupure de noël, reprise le 7 janvier. Pour l’instant les salles n’ont pas d’accès à internet, logique en absence d’ordinateurs, pas de téléphone et la formatrice, une sous-traitante de pôle emploi n’est pas de la région et ne connaît pas les entreprises du coin. Et pourquoi ce début de “formation” précipité? Simple, il y a une subvention qui aurait été périmée fin décembre, alors vite on improvise la recherche d’emploi. En l’occasion on s’improvise spécialiste à la recherche de stage.
Il semble que la première journée ne s’est pas très bien passées. Les responsables de formation ont incité les stagiaires de commencer “dès maintenant” la recherche d’un stage. A quoi les ingrats ont répondu qu’on ne risquait pas de joindre un responsable dans une entreprise deux jours avant noël. En fin de journée les premiers ont parié que la formatrice ne tiendra pas jusqu’à la fin de la formation, pari renouvelé le lendemain, quand tout le monde s’est trouvé devant une porte fermée. La formatrice a dû partir à la chasse aux clés. Juste avant qu’elle réapparaisse un concierge s’est pointé et a ouvert en disant “on va pas vous laisser dehors dans le froid!”
J’ai des doutes sur le professionnalisme aussi bien du pôle emploi concerné que de la formatrice. Les gens qu’on a fait s’inscrire ont tous des métiers, en partie des métiers où il y a du travail, mais comme ils ont tous eu des accidents ou maladies professionnels ils n’ont plus le droit de travailler dans ce métier. Ils cherchent un travail qu’ils sont apte à faire, pas un stage. En plus la plupart à au moins cinquante ans. Donc, une clientèle difficile pour un formateur qui doit remotiver les troupes, leur donner des pistes d’action. Mais dans le cas présent la formatrice ne connaît pas les handicaps des gens, bien qu’elle prétend d’avoir toujours travaillée avec des personnes handicapées - mais handicapées comment? Elle ne semble pas connaître les métiers non plus, sinon comment proposer à une personne qui parle (mais n’écrit pas) une langue étrangère de travailler comme traducteur? Et comment organiser une formation sans salle fixe et sans aucun outil, ni connaissance du terrain? Pourquoi pôle emploi n’a pas cherché un sous-traitant capable de proposer un lieu de formation adapté, ou si pôle emploi s’était engagé de s’occuper de la réservation d’une salle, pourquoi cela n’a pas été fait?

Pour finir, une anecdote en marge de la réunion sur la formation. Les participants à la formation gardent leurs droit au chômage et ont droit à une indemnité de trajet et de repas. Mais attention, si l’on est bénéficiaire du rsa, il est fortement déconseillé d’accepter la formation. En effet, l’indemnité risque d’avoir comme résultat la suppression trois mois plus tard du rsa pour cause de dépassement du seuil! Cela ne s’invente pas ! Mais comme j’ai déjà fait l’expérience de ce mécanisme pervers, je sais que c’est vrai.

 

P.S. (fin janvier) - J'ai appris que la formatrice a effectivement abandonné. En janvier le groupe a eu une nouvelle animatrice qui connaît mieux la région et semble leur donner satisfaction et ils profitent de l'occasion de pouvoir se parler entre gens avec les même problèmes pour retrouver un emploi et cela leur redonne du courage.

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