La chute du mur - la RDA pays inconnu

Publié le par Oui-mais

Pour les vingt ans de la chute du mur de Berlin mes radios préférées nous inondent avec l’histoire allemande-allemande (deutsch deutsche Geschichte).
J’ai grandi en Allemagne de l’ouest (RFA) et découvre, pas pour la première fois, que ce qui était une réalité quotidienne pour moi, est tellement exotique en France que personne en a entendu parler. Je ne suis allée qu’une seule fois en Allemagne de l’Est. C’était compliqué d’y aller. Il fallait justifier un lien de parenté avec la personne à laquelle on voulait rendre visite. J’ai rendu visite à ma cousine à Leipzig. Ne me demandez surtout pas par qui elle était ma cousine, je présume que le lien de parenté existait. Elle était la nièce de ma marraine qui était une amie de ma grand-mère. Il y avait une deuxième raison à cette visite unique: le coût. En effet, il fallait changer l’argent à la valeur 1 à 1 (je crois qu’en réalité la Mark de l’Est ne valait qu’un quart de la DM). 20 DM par jour devait être changé, et il était interdit de ressortir avec de l’argent. Je n’ai jamais eu autant de difficultés à dépenser de l’argent. Je crois que j’ai acheté un pantalon et j’aurais voulu avoir un gilet en laine blanc. J’ai fait tous les magasins de la ville qui proposaient tous un seul et unique modèle de gilet: blanc avec un motif noir. Ma cousine disait:” Je ne comprends pas pourquoi vous autres de l’Ouest voulez toujours faire plusieurs magasins, cela ne sert à rien, tous ont les mêmes produits.” A la même époque beaucoup de vêtement en Allemagne de l’Ouest portaient une étiquette signalant leur fabrication dans l’Est, mais toute cette production était exporté, rien vendu dans le pays.
Il n’y avait pas non plus ces bijoux en argent pas cher qu’on trouvait déjà à l’époque partout à l’ouest. Et les livres des auteurs est-allemand connus était également introuvables, si les gens en voyaient dans une librairie, ils l’achetait sur le champs, car une fois l’édition écoulé, le livre n’était pas réédité.
Ce qui m’a le plus irrité: Un jour nous roulions en vélo sur une route de campagne déserte. Sur le bord de la route des pommiers et en-dessous, par terre, des quantités de pomme. Je voulais en ramasser une. Ma cousine s’y est formellement opposée: ce serait du vol. Mais on était dans la république du peuple un pommier au bord de la route était sûrement une propriété du peuple, non? Elle restait sur sa position, prendre une pomme serait la voler du “peuple”, donc le “peuple” était une entité obscure qui n’incluait pas une jeune fille du peuple!
Comme les immeubles appartenaient aussi “au peuple” personne était compétent pour les réparer. Les gens faisaient bien des travaux dans leurs appartements, mais les façades gardaient l’aspect qu’il avaient juste après la guerre. Encore en 1995 on pouvait voir des impacts de balles comme ICI.
Regardez aussi les photos pris du Kunsthaus Tacheles à Berlin-Mitte pris en 1995 le devant et la façade arrière, puis d’autres pris en 2006 (l'arrière) et côté rue.

Publié dans Archives 2009

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