Visite à Lascaux 4, Montignac, Dordogne

Publié le par Oui-mais

L'homme du puit, Lascaux Au mois de décembre 2016 la troisième réplique de la grotte de Lascaux à été ouverte avec grand renfort de publicité.

Numérotation de la grotte : la première, c'est l'original qui est fermé depuis 1963. Le numéro deux : fac-similé de la grande salle a ouvert en 1983. J'y suis allé dans les années 1990. Dans mes souvenirs, nous étions trop nombreux à être entassés dans l'espace confiné. A l'époque j'ai également visité le Thot (un parc) qui n'a laissé qu'un vague souvenir d'un lieu sans grand intérêt. Lascaux trois est le facsimilé qui voyage à travers le monde et se trouve actuellement au Japon.

Ma visite de du fac-similé. Arrivé sur le grand parking vers 10 heure du matin, la visite part à 10:48. (Remarquez la précision de l'horaire!) Il y a une visite tous les six minutes. Ce qui est trop rapproché. Car notre groupe était encore à l'entrée au contrôle des billets quand le départ suivant fut annoncé par haut-parleur. Du coup l'explication du guide devenait inaudible.

Première étape : Nous arrivons dans une pièce, où on nous distribue des tablettes et des casques ! Mon humeur s'est dégradé en grande vitesse ! Est-ce que j'ai payé cher – 16€ - pour peu de service ? Puis, je ne supporte pas avoir des casques sur les oreilles. D'abord, nous devons paramètrer les tablettes à l'aide du flash-code du billet d'entrée (il faut être moderne). On peut agrandir la taille du texte, choisir d'afficher des sous-titres. Mais l'explication s'affiche pendant si peu de temps que je n'ai pas fini de lire quand tout disparaît. A d'autres moments l'affichage reste jusqu'à ce qu'on fasse une autre action. Mais certaines vidéos n'ont pas de sous-titres.

Pourquoi les tablettes et les casques ? L'idée est que le/la guide parle dans son micro et tout le groupe (au maximum 30 personnes) entend. Avantage (voulu?) si les gens entends les explications données par casque, ils ne peuvent pas posés de questions et ainsi ralentir la visite. Avantage prévu : même les gens tout au fond entendent les explications.

Une fois que tout le monde à réussi à paramètrer sa tablette, nous prenons un ascenseur pour monter sur le toit du bâtiment, où nous avons droit à une présentation générale de la préhistoire. (C'était une mauvaise idée d'écouter toutes les émissions de France Culture sur le sujet. Le contenu de l'information a le niveau d'un article de revue pour enfants et comporte de nombreuses erreurs.) Depuis le toit nous avons une belle vue sur les parkings et, en arrière-plan, du village de Montignac et la vallée. Aujourd'hui il fait frais, avec un petit vent. En été il fera certainement très chaud. Puis, nous contournons le bâtiment pour nous trouver dans un espace à ciel ouvert, pas très large avec des hauts murs de béton des deux côtés. En effet, le bâtiment est presque collé à la colline. D'après notre guide, l'intention de l'architecte était de recréer l'entrée d'une grotte. C'est raté. Le dossier presse de Lascaux appelle cela déambuler « en plein air en lisière de la forêt ». (pdf Lascaux)

J'avais l'impression de me trouver entre les grattes-ciel d'une ville moderne avec une petite ressemblance d'un parking semi-souterrain de supermarché, les gaz d'échappement en moins. A la place un bruitage qui doit évoquer les cris des jeunes qui avaient découvert la grotte en 1940. Nous rentrons dans le sas de la « grotte ». Ici nous regardons un petit film d'animation montrant la vallée à l'ère glaciaire. Dès que le film commence les casques audio cessent de fonctionner. Finalement, les explications se font à l'ancienne et les visiteurs profitent pour poser des questions. Tandis que les retardaires n'entendent rien. Maintenant, nous entrons, enfin, dans le fac-similé. De l'entrée, on aperçoit le groupe précédent. Le fac-similé est vraiment bien fait, avec les couloirs et les salles, même la température y est. Vers le milieu de la visite nous entendons le groupe suivant parler derrière nous. Six minutes entre deux groupes, c'est vraiment un peu juste. A la sortie de la grotte, le/la guide explique le concept de l'atelier, qui est en visite libre avec comme accompagnateur la tablette. Elle doit faire court, car le groupe suivant arrive derrière nous.

L'atelier. Dans plusieurs îlots se trouvent des reproductions dans leur contextes d'origine. Ici on pourrait approfondir la visite. Mais il n'y a aucune explication écrite nul part. On est obligé de consulter la fameuse tablette et cliquer au hasard sur des icônes pour trouver des vidéo explicatives. Parfois avec son, parfois sans. Ah oui – le casques fonctionne à nouveau, du moins partiellement. Le mien n'a plus de son que d'un côté. L'inconvénient supplémentaire des tablettes : elles ne détectent pas toujours qu'on a changé d'îlot. Il faut changer d'endroit jusqu'à ce qu'elle détecte le signale et charge l'information suivante. Et comme les applications ne marchent pas bien, j'ai régulièrement le message « vous avez changé d'endroit, voulez-vous quitter l'application en cours ? » Oui, bien sûr, vu qu'elle avait refusé de terminer. A certain endroits, la tablette suggère de la pointer vers un animal précis du plafond peint, pour avoir un complément d'informations. C'est inconfortable pour tout le monde et impossible à faire quand on a des vertiges. En théorie le procédé fonctionne sans viser le plafond, mais c'est à ce moment que ma tablette refuse de coopérer. En sortant, je constate qu'il y a très peu de monde dans l'espace atelier. La majorité des visiteurs ne semble pas s'y attarder. Il y a encore deux endroits bétonnés (le bâtiment complet est en béton brut), où on peut visionner des films (?) l'un tous les quatre minutes, l'autre tous les quart d'heure. Mais j'ai faim et préfère aller manger à Montignac.

Le concept de visite à l'aide de tablettes est peut-être novateur, mais il a des inconvénients outre ceux décrits ci-dessus il y a une tendance du visiteur de se concentrer sur l'écran au lieu de regarder les peintures. Cela était particulièrement visible chez les enfants du groupe. On joue avec la bandoulière de la tablette en panne, au lieu d'admirer la grotte. Moi aussi j'étais victime de ce phénomène. Je voulais prendre en photo un drôle de « saucisse » dans l'atelier, où les photos sont autorisées. Arrivée à la maison pas d'image de l'objet :-(. En effet, les concepteurs ont économisé les étiquettes explicatives à côté des objets exposés. Si l'on veut savoir à quoi correspond la « saucisse » il faut à tout prix consulter la tablette ou demandé au voisin qui vient de le faire. En fait, l'objet bizarre suspendu sur quelques tiges représente la grotte. La seule chose visible mais rempli, sont les galéries dans le calcaire – le vide qui a été décoré au paléolithique. Il aurait été judicieux de faire un une maquette transparente de la partie de la colline où se trouve la grotte avec l'objet exposé à l'intérieur. Dans ce cas on pourrait voir l'entrée et aussi la position de la grotte dans la roche. Une indication de l'échelle de la maquette aurait aussi été utile, même si cette information n'intéresse qu'une minorité des visiteurs.

Pas de visite du Thot cette année, je préfère – enfin - visiter la jolie petite ville Montignac.

Conclusion : 16 euros la visite par personne, c'est très cher pour ce que c'est. Je trouve que les visiteurs de cet hiver auraient dû avoir droit à une réduction, parce que nous étions les testeurs bêta de la visite. Il faut espérer que les tablettes sont au point jusqu'au mois de juillet.

Quelques informations supplémentaires

J'ai eu de la chance, l'ascenseur n'est en service depuis le début du mois de février (voir sud-ouest).

Le coût de la construction, une bagatelle de 66 millions d'euros (source). Le document pdf du service presse de début 2016 (p.12) parle encore d'un coût total de 57 millions, à ce moment les responsables cherchaient 5,8 million auprès de mécènes. Donc, logiquement actuellement ils cherchent 14,8 millions. Qu'ils découvriront probablement dans les poches du contribuable et, un tout petit peu, dans la partie départementale de la taxe de séjour. Comme Lascaux fait partie des budgets tourisme et culture (?) il restera moins d'argent pour les autres projets et acteurs du département.

Un article d'assez bon qualité se trouve dans l'Humanité.

Lascaux un avantage touristique pour l'ensemble du département ? D'après le président du Conseil Départemental c'est le cas (sud-ouest). Mais des doutes sont permis, car il faut compter presque deux heures en voiture si l'on vient du nord de la Dordogne. Vu le prix de l'entrée auquel il faudra ajouter le prix du parking si on visite Montignac, Sarlat, et autres villages, puis la dépense pour au moins un repas. Sans oublier les deux heures pour rentrer le soir.

Une vue de l'intérieur du bâtiment de Lascau IV (entre atelier, salles vidéo et sortie) sur le site de France bleu.

La maquette « saucisse » dans le diaporama de l'express (photo 6/9).

La vidéo de la table ronde Science-Po / SudOuest à Montignac le 2 février 2017.

A écouter sur France Culture (5 mars 2017) Les hommes de Lascaux

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