Emploi et chômage et salaires

Publié le par Oui-mais

Les informations sur le travail sont contradictoires. Entre des hausses continues du chômage depuis plusieurs années, des hausses de salaires et des exigences exprimées par des grands patrons qu’il faut baisser le “coût du travail” pour augmenter la compétitivité de la France on perd la tête.

Voici quelques chiffres:

118.200 d’emplois supprimées sur un an dans le secteur marchand, soit une baisse de 0,7 %. (DARES, indicateur No 051, août 2013)

2438 € salaire brut mensuel moyen en France mi 2013, soit une hausse de 2,1 % (hors inflation 1,3 %, l’inflation étant à 0,8 %) (COM.COSS, 11 septembre 2013). Ce même mois la revue “Intérêts privés” parle d’une inflation de 1,1 % sur 12 mois (No 712, septembre 2013, p.56). - Ce salaire brut est faussé par les très haut salaires des dirigeants. Il est bien connu qu’un ouvrier coûte toujours trop cher à l’employeur et qu’un directeur vaut bien son augmentation de plusieurs milliers d’euros par ans.

Le SMIC horaire depuis le 1er janvier 2013 : 9,43 € (1430,22 € pour 151,67 h). Une augmentation très importante de 0,3 % (je blague !). L’augmentation suivante sera de 10 centimes/heure - 9,53 € au 1er février 2014 (+ 1,1 %). - Suivant la source le taux d’inflation sur un an varie, je ne sais pas si tout le monde utilise la même base de calcul.

Et le constat de l’INSEE en juin 2013, je cite :

"En 2012, le revenu disponible brut des ménages augmente de 0,9 % en valeur, après + 2,7 % l’année précédente. Parallèlement, le prix de la dépense de consommation finale s’accroît de 1,9 % après + 2,1 %, les prix de l’énergie augmentant plus modérément. Le pouvoir d’achat du revenu disponible recule donc (– 0,9 %, après + 0,7 %) : cette évolution est mesurée sur l’ensemble des ménages. Compte tenu de la croissance de la population, le pouvoir d’achat au niveau individuel (pouvoir d’achat par unité de consommation) se replie de 1,5 %, alors qu’il était stable en 2011 : c’est la plus forte baisse depuis 1984 (– 1,9 %).

En 2012 c’est la plus forte baisse du pouvoir d’achat depuis 1984 !

Le 14 janvier le président Hollande a lancé une “nouvelle” idée: baisse des charges pour les entreprises contre une promesse d’un million d’emploi - rien de moins. La question se pose : comment le medef peut promettre des emplois? C’est une association d’employeurs. Pour pouvoir promettre quelque chose chaque entrepreneur membre du medef devrait s’engager personnellement par écrit sur le nombre d’embauches qu’il effectuera. A ma connaissance ils n’ont pas l’intention de le faire. Puis j’ai lu cette phrase : “Une étude fait ressortir, que les entreprises sont en sureffectif (250 000).” Qui embauchera s’il a largement assez de personnel? Il a été facile de retrouver la source de l'affirmation. Il s’agit d’un interview avec Eric Heyer de l’ofce (observatoire français des conjonctures économiques - centre de recherche en économie de Sciences Po) d'octobre 2013. Heyer n'est pas le premier journaliste venu. Mais bizarrement la plupart des journalistes, même s’ils ne semblent pas trop y croire, soutiennent maintenant le discours du président. Comme s’il suffisait d’appliquer la pensée positive pour que l’avenir s’arrange.

La réalité

On espère souvent que les emplois aidés permettent la réinsertion des chômeurs long durée et la baisse du chômage. La réalité est de plus en plus souvent différente. Dès qu’il est possible de se débarrasser d’un employé “normal”, par exemple parce qu’il a un contrat à durée déterminée, on le remplace par un emploi aidé. Solde au niveau statistique zéro (un chômeur en moins et un nouveau chômeur). Avantage pour l’employeur : moins de dépenses en salaires - s’il s’agit d’une collectivité, c’est juste une autre poche de l’état qui paie le salaire.

Il y a un autre phénomène : Il y a des entreprises qui externalisent certaines tâches p. ex. la sécurité. De temps en temps elles font des appels d’offres et changent de prestataire, du moment que le nouveau est moins cher que le précédent (faut bien payer l’augmentation du pdg). Jusqu’à la semaine dernière je pensais que le changement du prestataire entraîne le changement du personnel. Quel naïveté! Les employés de l’ex ont le choix entre démissionner et re-embaucher au même poste avec un nouveau employeur ou de rester chez l’employeur - on garde ses avantages liés à l’ancienneté etc - mais comme il n’y a plus de travail on se retrouve au chômage. J’ai entendu parler de quelqu’un qui travaille depuis 20 (!) ans sur le même poste, mais tout les quelques années son employeur change, et sur le papier il n'aura jamais vingt ans d'ancienneté.

En résumé

Le chômage ne baissera pas en 2014, les salaires des dirigeants augmenteront et en même temps ces même dirigeants soutiendront qu’il faut baisser le coût du travail. En vérité le seul point qui les intéresse c’est l’augmentation du profit, car ce n’est pas le salaire le poste le plus important dans le prix final d’un produit. (La part du salaire dans le prix d’un jeans par exemple est de l’ordre de 1 % à 5 % - Que Choisir no 521, janvier 2014, p. 17)

Lisez l’article du 27 janvier dans l’Humanité “Et si François Hollande faisait fausse route?

Publié dans Economie, Travail

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